Amnesty International défend les droits de l’Homme: celui de vendre et s’acheter du sexe.

Ps d’intro: merci à tous ceux qui m’ont aidé à éditer ce mammouth d’information, @Théa, @Sophie_Gourion, et bien @IngeReed! Désolée aux fidèles abonnés du Boxer qui ont du recevoir l’info plusieurs fois! J’apprends encore avec WordPress!

Amnesty International, dans un document interne qui a vite fuité, a récemment annoncé qu’ils étaient souteneurs (huhu) du droit des clients à s’acheter du sexe. Loin d’être un brouillon inoffensif, il s’agit d’un document de politique interne visant à décider de la position stratégique globale de l’organisation au sujet de la prostitution.

C’est tellement grave que l’ancien président des Etats Unis Jimmy Carter,a écrit une lettre ouverte pour dénoncer ce choix politique, qui détruirait des années de progrès dans la lutte contre l’exploitation sexuelle, tandis qu’Amnesty Suède et Amnesty Australie se désolidarisaient publiquement de la maison mère.

Ce document déclare, entre autres, que toute criminalisation du client est une attaque contre la vie privée et le libre choix des individus et surtout déclare l’accès à la prostitution comme un droit humain fondamental.

Rien que ça.

Qu’Amnesty, une organisation prestigieuse luttant pour les droits des prisonniers politiques, contre les mariages forcés, contre les exécutions sommaires, etc , milite à présent pour le droit des hommes de se payer plus vulnérable que soi paraît odieux, glaçant et incompréhensible. En France, à l’heure où le Sénat refuse d’entériner la pénalisation des clients, il est vital d’analyser ces recommandations et comprendre les implications d’un telle politique, surtout lorsqu’elle est défendue par une organisation d’une telle envergure, qui inspire confiance et admiration.

Que l’on soit abolitionniste, prohibitionniste, ou pour la légalisation… que l’on défende le droit au choix de la prostitution en refusant de “victimiser” les personnes prostituées, pouvons nous accepter qu’une organisation aussi respectée défende les “droit” des clients et des proxénètes?

En 12 points (cliquer d’abord sur “read more” pour déployer la totalité de l’article), nous allons voir que:

1. Amnesty mélange délibérément les intérêts complètement divergents des femmes prostituées et des clients,

2. Amnesty nie l’ampleur du trafic d’êtres humains pour l’exploitation sexuelle,

3. Amnesty ignore les études sur la prostitution pour nous la fourrer comme un choix libre, autonome et légitime,

4. Amnesty défend la légalisation -même elle a transformé l’Allemagne en Bordel de l’Europe,

5. Amnesty considère que se prostituer quand on vit avec 2,5 dollar par jour, c’est se responsabiliser

6 et 7. Amnesty nous vend le travail du sexe comme une partie de plaisir,

8. Amnesty défend toutes formes de film porno comme de l’art, au nom de la liberté d’expression,

9. Amnesty défend les proxénètes comme fonctions de “soutien”,

10. Amnesty pose le droit à la prostitution comme un Nouveau Droit de l’Homme,

11. Amnesty ment sur le contenu des textes et traités internationaux qu’ils citent,

12. Amnesty nous rappelle qu’il ne faut pas généraliser #notallmen,

Et puis (conclusion), vous voudrez éventuellement savoir pourquoi Amnesty mène cette politique? Une réponse plus que surprenante… ,

1. Amnesty VS la réalité: tout le monde dans le même sac

Amnesty commence d’entrée par mélanger les intérêts des clients (avoir du sexe avec des femmes pliées à leurs désirata, les plus jeunes possibles, les moins chères possibles) à ceux des femmes prostituées (travailler dans des conditions sécurisée et ne pas être stigmatisées).

La criminalisation devient la criminalisation des femmes prostituées ET des clients. Cela permet le tour de force de défendre le droit à l’accès aux soins, la lutte contre le HIV/sida, la lutte contre la trans et homophobie, AVEC celui de l’accès à l’achat de sexe. La séparation des deux est possible, nous allons rappeler comment.

Amnesty Prostitution Policy document p. 2

Amnesty Prostitution Policy document p. 2: l’art de mélanger les intérêts de deux groupes différents

2. Amnesty VS la réalité: plus de 80% des personnes sont trafiquées pour être exploitées sexuellement

Amnesty déplore l’attention disproportionnée que les Etats accorderaient au trafic d’être humain pour l’exploitation sexuelle. C’est à dire qu’Amnesty accuse les gouvernements d’ignorer délibérément d’autres types de trafic aux fins d’autres exploitations (domestique, construction, agriculture…) qui donnent également lieu à des abus sexuels et de la violences.

Quand on sait que:

  1. 4/5èmes des femmes sont trafiquées pour être forcées à la prostitution (voir schémas UNODC ci-dessous)
  2. les états consacrent des sommes largement insuffisantes à lutter contre le trafic, en moyenne 5 dollars par an et par victime quand une personne exploitée sexuellement peut en rapporter jusqu’à 21 000.

… on peut est en droit de se demander comment, pourquoi et au nom de quels intérêts Amnesty se plaint du “trop d’attention pour le trafic”.

Ce que dit Amnesty

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p. 3

L’attention disproportionnée de certain gouvernements sur le trafic pour la prostitution forcée ignore les violations des droits des personnes victimes de la traite pour le travail domestique, la construction, les travaux agricoles, ou d’autres travaux forcés, où ils souffrent souvent d’une série de violations, y compris l’exploitation et la violence. Les états ignorent également que certaines personnes qui sont victimes de la traite pour d’autres formes de travail forcé sont souvent victimes de sévices sexuels et de la violence.

VS les chiffres de l’United Nation Office for Drugs and Crime, et l’Organisation Internationale du Travail

Source: United Office for Drug and Crime, Trafficking in persons report.

Source: United Office for Drug and Crime, Trafficking in persons report. Femmes et filles (79%) trafic dans le but d’exploitation sexuelle (79%)

Report from the International Labour Organization: Profits and Poverty: The Economics of Forced Labour

Report from the International Labour Organization: Profits and Poverty: The Economics of Forced Labour. Les profits de l’exploitation sexuelle représentent

3. Background: les chiffres dans la prostitution

Amnesty se pose en droit des travailleurs et souligne que “les travailleurs du sexe ne doivent pas être persécutés“. Ce qui est une évidence pour n’importe qui se souciant du droit des femmes et des droits humains en général.

Amnesty défend également “le travail du sexe” comme un choix non moins légitime que n’importe quelle filière professionnelle, pour gagner sa vie pour soi et sa famille, voire explorer sa sexualité (grâce à 25 clients par jour??)

p. 6

D’autres s’appuient sur ​​les principes de l’autonomie d’affirmer que tout travail du sexe n’est pas assimilable à une violence Ils interprètent les témoignages de travailleuses du sexe qui déclarent s’engager dans le travail du sexe volontairement comme une preuve de «consentement», en l’absence de preuve de violence ou de coercition directe (donc, si il y’a coercition indirecte, alors ça va…??). Leur raisonnement est que les circonstances qui ont conduit certains adultes à participer à des actes sexuels commerciaux ne sont pas moins légitimes que celles qui conduisent les autres à prendre des décisions sur la façon de gagner sa vie, gagner de l’argent pour soi-même et sa famille, et / ou d’exprimer leur sexualité.

Cher Amnesty. La plupart des personnes qui ont recours à la prostitution ont pas fait ce “choix” ni “librement”, ni par hasard. La prostitution est souvent clandestine, entachée de stigma, il est par conséquent difficile de s’appuyer sur des statistiques précises. J’ai choisi de me baser principalement sur les recherches du Dr Melissa Farley (CV extensif à consulter ici), auteure de plus de 35 livres sur la prostitution et alignant 40 ans d’activisme avec les personnes prostituées, femmes, trans, et hommes. Les études du Dr Farley sont en conformité avec d’autres organisations (Europol, le Parlement Européen, l’OMS, l’Organisation Internationale du Travail, ainsi que plusieurs études étatiques).

  • 65% à 95% des personnes prostituées ont subi des agressions sexuelles ou des viols;
  • près de la moitié des personnes sont victimes d’inceste;
  • l’age moyen d’entrée dans la prostitution est de TREIZE (13) ANS; une adolescente de 12 ou 13 ans n’a pas les ressources mentales et émotionnelles pour contrer un homme plus âgé, qui lui promet amour, sécurité et affection.
  • Plus du tiers des fugueuses se prostitue pour survivre;
  • Un tiers des fugueuses mineures sera recrutée par un souteneur dans les 48 heures;
  • les personnes prostituées souffrent presque toutes d’addiction (83% consommatrices d’heroïne, cocaïne,cannabis et alcool)
  • Les personnes prostituées souffrent de troubles psychologiques (54% souffrent de très sévères dépressions, 42% ont fait une ou plusieurs tentatives de suicide)
  • 75% de ces personnes sont ou ont été sans domicile fixe à un point de leur vie;
  • 70% à 95% des personnes travaillant dans la rue on été physiquement agressées durant l’exercice de la prostitution;
  • Près de la moitié (41%) ont subi des attaques dans des maisons closes, soi disant sures et sécurisées;
  • 60% à 75% des personnes ont été violées dans l’exercice de la prostitution;
  • 85% à 95% veulent quitter la prostitution, mais n’ont aucun autre moyen de survie à leur disposition;
  • Plus des deux tiers des personnes (68%) travaillant dans des strip clubs, salons de massage et dans la rue souffrent d’un stress post-traumatique comparable à celui des anciens combattants et victimes de viol, et survivants de la torture étatique (cette étude a été menée dans 9 pays sur 859 personnes)
  • 80% à 90% des personnes prostituées sont victimes de mépris social qui les affectent à différents degrés (nous allons revenir à cet argument car c’est un fer de lance récurrent contre l’abolitionnisme, jugé “moralisant”, “par ceux qui n’aiment pas le sexe”)
  • Enfin, la prostitution légalisée augmente la tolérance pour la violence contre les femmes et les enfants, ainsi que la prostitution enfantine. Googlez “Brésil, Coupe du Monde et prostitution infantile” pour voir dégorger des histoires d’enfants de 12 ans exploitées au Brésil, ou comment des viols sur des enfants de 13 ans sont classés par les juges quand l’enfant est une “travailleuse du sexe”, “loin d’être ignorante, naïve ou mal informée sur les choses du sexe“. 

4. Amnesty VS réalité:  ignorer le modèle nordique pour défendre l’enfer de la légalisation

Les femmes prostituées ne doivent pas être sujettes à la stigmatisation sociale, au harcèlement de la police, aux attaques ou autres sanctions. Mais de là à mélanger les intérêts des clients -de la chair toujours plus jeune, plus vulnérable, toujours plus fraîche, que l’on peut soumettre à loisir, et si possible, moins chère- et ceux des femmes prostituées -travailler dans des conditions sécurisées-, il n’y a un gouffre. Un gouffre qu’Amnesty n’hésite pas à franchir en mélangeant criminalisation des femmes prostituées et des clients, alors qu’il existe, depuis près de 15 ans, ce qu’on appelle “Le modèle nordique”

L’Allemagne (2002) et la Hollande (2000) ont légalisé proxénétisme et prostitution. Le Danemark a légalisé la prostitution mais pas le proxénétisme. La Suède prenait la direction opposée en 1999, en criminalisant UNIQUEMENT l’achat de sexe.

Aucune charge n’est retenue contre la femme prostituée car le fait de vendre du sexe n’est pas une activité criminelle. Les personnes prostituées peuvent donc se regrouper en associations supportant la loi ou en lobbies contre elle.  Aucun membre de ces associations ne sont arrêtées, ni poursuivies, ni harcelées par la police.

L’idée de base était que dans une société égalitaire, il n’y a pas à tolérer que les hommes s’achètent des corps de femmes dont la très grande majorité aurait choisi une autre option, si elle avait été disponible. La femme qui se prostituait était considérée comme pratiquant cette activité de façon contrainte (contrainte sociale, économique, par manque d’opportunités, ou suite à son histoire personnelle). Des aides conséquentes (financièrement généreuses quoi) et un vrai effort gouvernemental était fait pour aider les femmes, qui ont permis à 60% des femmes en ayant fait la demande d’abandonner la prostitution. Elle peuvent également plus facilement se retourner contre un client si quelque chose se passait mal.

Très vite, la prostitution visible a été réduite de moitié tandis que la prostitution sur internet a augmenté, mais dans les mêmes proportions que les pays voisins (c’est à dire que l’on a pas vu l’explosion tant redoutée du marché noir)

Cette loi, votée sur des bases morales, s’est révélée être une arme redoutable contre le trafic.

Aujourd’hui, la Suède est reconnue comme étant un mauvais marché par les trafiquants d’êtres humains -impossible d’y mettre en place un bordel. Le pays, qui compte environ 9 millions d’habitants, compte 4 fois moins de victimes de trafic d’être humain que le Danemark (4 millions d’habitants), où la prostitution est légale. La Suède compte également 62 fois moins de victimes de trafic d’être humain (officiellement recencées, et ne correspondant pas à la réalité!) que l’Allemagne (environ 90 million d’habitants).

Le modèle nordique, contrairement aux craintes, à permis de réduire les violences les plus graves contre les femmes prostituées.

Coups avec les poings en baisse de 38% et viol en baisse de 48%

D’après the American Journal of Epidemiology, le taux de meurtre des personnes prostituées est de 12 fois supérieur à la population. Le risque de décès d’une femme prostituée (maladie, overdose…) est quant à lui de 77 fois supérieur! En Suède, où la criminalisation des clients est appliquée depuis 1999 -une femme exerçant la prostitution  a été assassinée par son ex-conjoint. Ce cas est donc plus un cas de violence conjugale qu’un cas contre la loi suédoise. Cet assassinat est à mettre en parallèle avec 120 à 127 femmes assassinées en Hollande, où la prostitution est légalisée sur la même période.

5. Amnesty: femmes prostituées et choix imparfaits (se prostituer ou mourir?)

Il y’a un gimmick qui circule sur internet, le fameux “Mindfuck, when you see it, you’ll shit bricks” (” Mindfuck. Quand tu auras trouvé, tu chieras des briques”) La règle du jeu est d’observer une image et de trouver l’élement dérangeant, déroutant, inconfortable, angoissant, voire effrayant qui vous empêchera de revoir l’image de la même façon. Exemple:

 

When-you-see-it-youll-shit-bricks-resizecrop--

De la même façon, le texte d’Amnesty International est parsemé de mindfucks. Faites le jeu, vous ne verrez plus jamais Amnesty de la même façon.

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p.1

Amnesty International s’oppose à la criminalisation ou la répression des activités liées à l’achat ou la vente de sexe entre adultes consentants. Amnesty International estime que la recherche, l’achat, la vente et la sollicitation des rapports sexuels rémunérés sont des actes protégés contre les interférences de l’État tant qu’il n’y a pas de contrainte, de menace ou de violence associée à ces actes. Des restrictions légitimes peuvent être imposées sur la pratique du travail du sexe si elles sont conformes au droit international des droits de l’homme (c’est-à-dire, tant que ces restrictions sont dans un but légitime, appropriées pour atteindre ce but, proportionnées et non discriminatoires)

Donc, Amnesty s’oppose à la contrainte, la violence, la menace ou la coercition.

Mais comment compte-on prouver l’absence de menace, de violence ou de coercition? L’extrême pauvreté est elle une contrainte? La violence psychologique d’un souteneur, est elle définie comme violence? L’organisation suggère t-elle à un moment où un autre la responsabilisation des clients? Suggère t-elle des outils de contrôle pour s’assurer que la personne est majeure et pratique cette activité par choix libre et éclairé? Car si on ne peut le garantir, comment argumenter pour une prostitution “libérée des interférences de l’état”? Au vu des chiffres et du vécu des personnes s’orientant vers la prostitution -comme moyen de survie- comment considérer l’échange entre une femme vulnérable et fragilisée comme du consentement libre, éclairé et autonome?

Amnesty balaie discrètement la question par une phrase sibylline:

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p. 1. Un contexte de travail “imparfait”?

indiquant qu’ils comprennent le “contexte imparfait” (inceste, viols, abus, drogues, insécurité économique et physique...) dans lequel a été fait le choix de la prostitution, tout comme celui du travail de la mine ou du travail domestique.

Intéressant qu’Amnesty nous cite, comme exemples “contexte imparfait”, deux autres secteurs ou l’esclavage est très important.

3,5 millions d'esclaves dans le travail domestique, et 7,2 millions dans les mines. Cliquez sur l'image pour les détails.

3,5 millions d’esclaves dans le travail domestique, et 7,2 millions dans les mines. Cliquez sur l’image pour les informations détaillées de l’Organisation Internationale du Travail.

6. Le travailleur du sexe selon Amnesty 1/2

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p. 2

Travailleuse/r du sexe. De nombreux emplois impliquent l’utilisation de certains aspects de la sexualité à des fins économiques. Tout au long de ce document, nous nous référons aux “travailleurs du sexe” comme à ceux qui échangent des actes sexuels pour de l’argent ou toute autre forme de rémunération (de la nourriture ou un abri). Alors que «actes sexuels» ne sont pas uniquement limités à des «rapports», aux fins de notre politique, nous exclurons la danse et la production de spectacles sexuellement explicites tels que des films et des matériaux pornographiques, où toutes les personnes y prenant part sont rémunérées.   En outre, le terme «travailleur du sexe» est destiné à être neutre au niveau du genre, désignant les hommes et les femmes offrant des services sexuels commerciaux.

Dans celui ci, il y’a trois choses à voir dans, et quand vous les aurez vues, les briques seront au rendez vous!

D’abord, une petite manipulation facile. Amnesty nous informe que “travailleur du sexe” peut être une femme comme un homme. Cette formulation vague et neutre tente de maquiller racisme, le sexisme et l’exploitation des femmes et des filles (on rappelle que près de 90% des personnes prostituées sont des femmes et des filles)

Ensuite, Amnesty définit un “sex worker” comme un adulte consentant et ayant fait le choix éclairé et autonome de la prostitution donc, comme quelqu’un qui échange du sexe contre de l’argent, mais aussi d’autres formes de rémunération; de la nourriture ou un abri. J’aimerais demander à Amnesty, bien assis dans leur bureaux chauffés à Zurich ou Londres, à quelles extrémité de dénuement et de désespoir doit on être poussé.e pour échanger du sexe contre un peu de nourriture?

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p. 2

Amnesty International est également consciente que, dans un monde où 3 milliards de personnes vivent avec moins de 2,50 $ par jour, et 80% de la population mondiale vit dans des pays où les écarts de revenus se creusent, les individus prennent des dispositions transactionnelles en matière de relations sexuelles qui sont pas toujours une question de coercition directe, (notez la notion de coercition indirecte) mais plutôt le reflet des options limitées. (…)

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p. 3

Amnesty International ne veut ni juger leur choix, ni les tenter de les nier, car cela reviendrait à ignorer la façon dont les individus agissent de manière réfléchie et délibérée pour au minimum, survivre ou pour se responsabiliser.

Quand une personne vit dans une très grande pauvreté, “juger ses choix” paraît hors de propos -et nous voilà rassurés qu’Amnesty ne se pose pas en arbitre des élégances morales. Mais de là à parler de se prostituer comme une façon de se responsabiliser de façon réfléchie et consciente (quand on vit avec moins de 2,5$ par jour!) paraît être un discours particulièrement fallacieux et inhumain pour une organisation humanitaire. On pourrait, par exemple, responsabiliser les gouvernements à la place?

7. Le travailleur du sexe selon Amnesty 2/2

De façon générale, l’entreprise de lobbying pour de remplacer “prostituée” par “travailleur/travailleuse du sexe” participe à une tentative de masquer la réalité d’un petit coup de rhétorique qui n’a rien à voir avec le souci de déstigmatiser. Je préfère employer le terme de personne prostituée, ou femme prostituée à cause de l’écrasante majorité de femmes. Ce terme sépare l’adjectif (et l’activité) de la personne en tant que telle, la prostitution étant un aspect de sa vie et non quelque chose la définissant.

Tout comme “migrant sex worker” est utilisé pour masquer une réalité faite de pauvreté, violence et trafic, le “travail du sexe” est employé pour que nous visualisions un travail ordinaire, ou à une vraie filière professionnelle. Sous couvert de supprimer le stigma dont sont victimes les personnes prostituées, de responsabilisation et de prise de contrôle, on nous manipule purement et simplement à accepter l’exploitation sexuelle comme normale.

Les medias en viennent à nous parler de “TRAVAILLEUSES  du sexe de 13 à 17 ans” libérées d’un réseau. Imaginons un instant à quoi peut bien ressembler “une travailleuse du sexe” de 13 ans… Ca s’appelle une enfant. Une formulation de proxénètes, qui permet d’adroitement d’euphémiser que des pédophiles ont violé, vendu, des enfants fugueuses et portées disparues, sans qu’un sourcil ne se lève.

Qualifier quelqu’un de victime est devenu extrêmement dénigrant. De nos jours, il faut refuser la victimisation à tout prix. Or, être une victime n’est pas être sans-défense. Une personne victime de sexisme et discriminations, de racisme, d’une erreur judiciaire, peut provoquer un changement pour elle même et les autres. Dénigrer le statut de victime est une création du capitalisme moderne où tout dépendrait de nous mêmes et de notre attitude. Il ne faut pas être victime de son cancer, ni de son chômage, et si on est victime de viol, prière de vite se relever sans trop de geindre.

Appeler la prostitution le “travail du sexe”, c’est normaliser sa violence. Après avoir privé les personnes prostituées de ressources, de protection dans leur enfance et de ressources dans leur vie adulte, on leur jette comme un os à ronger cette “responsabilisation (=empowerment)”. Il faut réhabiliter le statut de victime. Non seulement  il n’y a aucune honte d’être à être reconnue comme victime; mais être victime d’un système ne rend pas la personne impuissante à considérer ce système, et tenter d’y survivre/le combattre.

Et surtout, surtout, s’il y’a victime, c’est qu’il y’a coupable et/ou agresseur. Il est important d’être reconnue comme une victime quand on a subi une injustice ou des violences, pour entamer un processus de guérison. Sans oublier qu’être reconnue comme une victime ouvre le droit à des compensations financières, jamais de trop quand il faut se reconstruire.

8. Amnesty et le porno. Le porno? Mais c’est de l’art!

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Note de bas de page 2

La pornographie et matériaux sexuellement explicites sont distingués du travail du sexe et ne sont pas spécifiquement inclus dans cette politique, car non seulement les personnes impliquées perçoivent une rémunération (parce que dans la prostitution il n’y a pas de rémunération?) dans la production de ce matériel, mais il n’y a pas non plus de client payeur identifiable L’exclusion de la pornographie n’indique en aucun cas qu’Amnesty International tolère la violence, les menaces ou la coercition (directe? indirecte? avant ou arrière?) qui peuvent accompagner la production de matériel pornographique et d’autres matériaux sexuellement explicite. Amnesty International examinerait de telles conduites conformément aux principes et normes des droits humains internationaux. La danse et autres divertissements sexuellement explicites se distinguent le travail du sexe comme des activités protégées comme forme d’expression.

Amnesty  ne considère pas la pornographie comme du travail sexuel. Non, la pornographie en est exclue car rémunérée (MINDFUCK?), et c’est donc une forme d’expression artistique, comme le confirme cette sinistre note de bas de page -particulièrement mal rédigée en plus d’être vicieuse.

Le porno: cette industrie de la torture et de la cupidité , qui pèse environ 100 milliards de dollars, et glorifie abus, la dégradation des femmes, est considérée par Amnesty International comme des simples formes  d’expression artistique intouchables -et surtout pas par la législation.

Expression artistique selon Amnesty

Ce que donne Google dans une recherche “femmes décédées sur des tournages de porno”. Expression artistique selon Amnesty?

Là encore, des centaines de rapports, témoignages, récits existent sur linterconnection entre la prostitution et l’industrie porno. Les vidéos de gang-bangs venant de bordels allemand,  serait une production artistique? Le porno mainstream qui pèse 100 milliards serait impossible sans une exploitation massive, de la violence et les abus des femmes.

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Vidéo de Mme Shelley Lubben. disponible sur son site https://www.shelleylubben.com/

9. Amnesty et les proxénètes? Une fonction d’aide.

Amnesty n’a pas oublié les Gentils Organisateurs de la prostitution. Vous n’allez pas être déçu.e.s pas ce mindfuck là.

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Plaidoyer pour la défense des souteneurs, p. 7

La criminalisation générale des clients de l’industrie du sexe, ou de ses fonctions de soutien, comme des gardes du corps et réceptionnistes, a également conduit ceux qui sont engagés dans le travail du sexe à travailler clandestinement, ce qui augmente le risque de violence et d’abus. Quand les aspects du travail du sexe restent pénalement condamnables, ceux qui s’engagent dans le travail du sexe sont moins enclins à rechercher des soins de routine et de l’aide. En outre, la criminalisation de «vivre des produits de la prostitution», peut-être destiné à contrer ceux qui exploitent les travailleurs du sexe, s’appliquer par effet pervers à la fois aux fonctions d’aide (gardes, des réceptionnistes, propriétaires), ainsi que des colocataires, famille, et même des enfants.

Oui, vous avez bien lu. Les lois de criminalisation risquent de porter préjudice aux fonctions d’aide des personnes prostituées: les chauffeurs, gardes du corps, réceptionnistes, propriétaires et gardiens. C’est quoi, le garde du corps/chauffeur, le gardien d’une femme prostituée?

Bravo Amnesty

10. La position d’Amnesty sur le DROIT des hommes à se procurer du sexe

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p. 6

Dans le même esprit, les hommes et les femmes qui achètent des services sexuels auprès d’adultes consentants exercent également leur autonomie personnelle. Pour certains- en particulier les personnes à mobilité réduit, les personnes souffrant de déficience sensorielle ou les personnes à handicap psycho-sociaux qui entravent leur interactions sociales  -, les travailleurs du sexe sont des personnes avec qui ils se sentent suffisamment en sécurité pour avoir une relation physique et exprimer leur sexualité. Certains développent un sentiment de confiance dans leurs relations avec les travailleurs du sexe, qui contribuent à améliorer leur jouissance de la vie et leur dignité. A un niveau très basique, expressions de la sexualité et le sexe sont un composant principal de l’expérience humaine, qui est directement liée à la santé physique et mentale des individus. L’interférence de l’Etat dans la stratégie d’un adulte pour avoir du sexe avec un autre adulte consentant, sont une atteinte délibérée à  l’autonomie et la santé de ces individus.

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Le désir et l’activité sexuelle sont des besoins humains fondamentaux. Criminaliser ceux qui sont incapables ou réticents à trouver une réponse à ce besoin par des moyens plus classiques, et qui par conséquent achètent des services sexuels, peut constituer une violation au droit à la vie privée et porte atteinte aux droits à la liberté d’expression et à la santé.

En enlevant les euphémismes :

Les hommes qui s’achètent des services sexuels de personnes n’ayant pas d’autres choix que la prostitution, ou ayant fait des choix “autonomes et éclairés” à l’âge de 13 ans, exercent leur autonomie personnelle. Pour certains- ceux qui souffrent de handicap, refusent les interactions sociales ou sont psychopathes- les femmes prostituées sont des personnes qu’ils peuvent contrôler et qu’ils peuvent dominer et possiblement imposer leur violence. C’est important que les hommes puissent pleinement profiter de la vie, et sexe étant un composant principal de l’expérience humaine. Quand l’état s’interpose dans leurs stratégies pour se procurer du sexe, il porte une atteinte délibérée à leur droits. Le désir et l’activité sexuelle sont des besoins masculins fondamentaux. Criminaliser ceux qui ne veulent pas s’emmerder à établir un rapport égalitaire avec un autre être humain, est une violation de la vie privée, une atteinte aux droits à la liberté d’expression et à la santé.

Pour Amnesty , la santé physique et mentale de la femme exploitée dans l’industrie de la prostitution (et pornographique) ne compte pas. L’important est de défendre, comme au 19ème siècle, la liberté d’expression de l’Homme et l’accès au droit de cuissage. Les prostituées au grand coeur sont là pour garantir aux hommes leur droit à la jouissance et aux plaisirs que peuvent offrir la vie.

Autre point hautement problématique. Amnesty met dans le même sac hommes souffrant d’un handicap physique ou mental, et hommes sociopathes (ceux ne voulant pas établir de contacts humains). Ce n’est pas la première fois que ce document instrumentalise un groupe pour promouvoir une idée révoltante. Une injustice (un handicap) ne peut pas être compensée par une autre (exploitation d’une femme).  De plus, supposer qu’un homme handicapé est incapable d’une relation amoureuse, et ne désirerait d’un autre être humain que la location de son sexe est proprement insultant. Enfin, Amnesty nous instille sans vergogne l’idée qu’une personne handicapée ne peut être aimée -et que le seul moyen d’avoir un rapport avec une femme serait de la payer.

11. Amnesty DETOURNE délibérément des textes internationaux contre la prostitution, et ment sur leur contenu

Vous n’avez jamais entendu parler du CEDAW? Moi non plus. Mais ça, c’était avant. Il s’agit de la Convention sur l’Elimination de Toutes les Formes de Discriminations à l’Egard des Femmes signée en 1979 par les Nations Unies. Amnesty cite l’Article 6, qui d’après eux prétend dans une belle envolée de #notallmen-isme que le “langage utilisé dans l’article 6 ne permet pas de dire que toute forme de prostitution est exploitative.”

p.9

p.8

p. 8

p. 9

L’article 6 de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes exige des États de protéger les femmes et les filles contre l’«Exploitation de la prostitution.” La convention ne définit pas les termes “exploitation” ou “prostitution.” La termes utilisée à l’article 6 semblent indiquer que tous les cas de travail du sexe ne sont une forme d’exploitation.

Mais que dit en réalité l’article 6? “Les Etats parties prennent toutes les mesures appropriées, y compris des dispositions législatives, pour réprimer, sous toutes leurs formes, le trafic des femmes et l’exploitation de la prostitution des femmes.

L’article 6 ne dit rien, et ne suggère rien, et dirait même le contraire. L’article 6 se veut englobant de toutes les situations de prostution. En prétend que la convention “semble suggère que toutes les formes de travail sexuel ne sont pas exploitatives”  Amnesty invente purement et simplement du contenu là où il n’y en a pas, et compte sur notre flemme pour ne pas aller vérifier les sources.

12. Un dernier pour la route? Amnesty ou #NotAllMen

“… la convention SEMBLE INDIQUER QUE” #notallmen p. 9

Oui Mesdames Messieurs. Amnesty nous met en garde contre la généralisation et nous apprend que tous les clients  -enfin, que tout SEMBLE INDIQUER, on en est même pas sûr- ne sont pas violents ou exploitatifs. Mais quand ils sont violents, ils ne déconnent pas (article sur les bons pères de familles qui violent et frappent: violence des clients ordinaires)

Projet Canadien regroupant les paroles de clients "normaux" de personnes prostitutées.

Projet Canadien regroupant les paroles de clients “normaux” de personnes prostitutées.

Autres témoignages en anglais ici et en français là.

Conclusion: à qui profite le crime?

Amnesty cache le plus violent, le plus ignoble et le plus sordide dans de discrètes notes de bas de page– au nom des droits des femmes et des enfants prostituées, des travailleurs du sexe  clients et des proxénètes. Les 11 pages du document sont d’une absurdité et d’une violence intolérables, mais il a fallu faire des découpes dans le souci d’épargner votre temps. Malgré tout, je n’ai pas réussi à faire court et vous remercie de votre patience.

Mais les plus sceptiques (et patients!) d’entre vous se demanderont: Malgré toutes ces briques, ce document a bien été proposé par Amnesty comme leur possible ligne officielle sur la prostitution, non? Et l’organisation aurait pondu un document pour le droit des proxénètes? Ben oui.

Capture d’écran 2014-07-22 à 17.04.04

p.4

Deuxièmement, et de façon plus courante, les Etats imposent des sanctions pénales reliées aux activités annexes: ces sanctions sont appliquées à ceux qui tiennent un bordel, procurent ou achètent des services sexuels, recrutent ou arrangent la prostitution d’autres personnes, VIVENT DES PROFITS ET DES GAINS du travail sexuel -des autres-, facilitent le travail sexuel en fournissant des informations ou de l’assistance.

Capture d’écran 2014-07-22 à 17.04.50

p. 5

 Amnesty S’OPPOSE à la criminalisation de toutes les activités liées à l’achat ou à la vente de sexe.

Là vous allez me dire, les personnes prostituées, ces fameux “travailleurs du sexe”, ont bien dû être consultés à un moment ou un autre ?? Ben oui, vous aurez absolument raison de poser la question. Les «travailleurs du sexe » ont bel et bien été consultés, ont aidé à la rédaction, et pourraient très largement profiter d’une telle politique. Pour la bonne raison que « le travail du sexe » selon Amnesty ne distingue pas la femme prostituée du propriétaire de l’établissement où elle est prostituée, contrairement à leur définition!

Ainsi, Douglas Fox, “travailleur du sexe”, c’est à dire patron d’une agence d’escortes britanniques revendique la paternité du document internet d’Amnesty. Il est aussi porte-parole d’une association de personnes prostituées (Oui. Un proxénète patron d’un syndicat de femmes prostituées), un personnage très intéressant qui depuis des années influence Amnesty.

La vraie conclusion

Les femmes prostituées ne sont pas protégées par la légalisation tandis que la criminalisation des clients donne de bons résultats.

Il existe quantité de revues du système nordique, étudiant son succès et révélant ses failles, telles que celle de l’organisation Coalition Against Trafficking in Women Australia ou un rapport du gouvernement suédois, ou sur le blog d’Abolish Now, qui a le mérite de faire court et simple.

Les femmes prostituées ne doivent pas être criminalisées. La loi (heureusement enterrée) sur le racolage passif par le gouvernement Sarkozy était une horreur, qui rend les plus faibles encore plus vulnérables (expulsés hors des villes) et incapables de se retourner contre les vols et violences des clients (puisque leur activité est illégale).

La criminalisation des clients permets aux femmes de demander des soins, de l’aide, et porter plainte si un client comment une violence (…de trop). 60% des femmes qui se sont inscrites au programmes sociaux suédois ont pu quitter la prostitution, les bordels ne peuvent plus s’y installer et la perception du public condamne le fait de s’acheter du sexe (le stigma a changé de camps).

L’Europe peut mieux faire:

Les lois sociales ne doivent pas être utilisées pour harceler les femmes prostituées. En particulier le droit de garde des enfants, ou droit au logement ne doivent pas être utilisées contre les personnes prostituées.

Les lois sur l’immigration et le trafic doivent être harmonisées pour protéger les femmes prostituées. Qui va porter plainte si l’alternative est d’être expulsée et tuée une fois à Arkhangel, en Roumanie ou en Albanie?

Le système doit être harmonisé au niveau Européen. C’est en Europe et dans les pays riches que les trafiquants sexuels ont le plus à gagner. Le système nordique est un échec, si les trafiquants se relocalisent dans les pays voisins. C’est une faillite internationale dont les femmes font les frais.

Enfin, une fois le réseau démantelé, les poursuites judiciaires ne doivent pas reposer sur les épaules des personnes les plus fragiles de la boucle. La condamnation des proxénètes et des trafiquants doit reposer sur les témoignages des personnes protégées et en sécurité dans la société. C’est à dire, sur la police et les acteurs judiciaires. Et éventuellement, sur le témoignage de ces chers clients.

 

 

 

Autres sources:

http://www.avaproject.org.uk/our-resources/statistics/prostitution.aspx https://rememberresistdonotcomply.wordpress.com/tag/caroline-norma/

https://www.facebook.com/notes/martin-dufresne/what-does-the-fox-say-a-super-pimps-strategy-re-amnesty-international/10153823820915595

Viols dans les porno : http://sisyphe.org/spip.php?article4145

Spiegel: http://www.spiegel.de/international/germany/human-trafficking-persists-despite-legality-of-prostitution-in-germany-a-902533-2.html http://edition.cnn.com/2014/03/07/opinion/morgan-amnesty-prostitution/

Lettre de Jimmy Carter http://abolishprostitutionnow.files.wordpress.com/2014/05/carter.jpg

http://sisyphe.org/spip.php?article4304

http://prostitutionresearch.com/wp-content/uploads/2014/02/Prostitution-Liberalism-and-Slavery_Melissa-Farley-2013.pdf

http://www.hawaii.edu/hivandaids/Prostitution%20Statistics%20IL.pdf

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15 thoughts on “Amnesty International défend les droits de l’Homme: celui de vendre et s’acheter du sexe.

    • Mais de rien, c’est notre travail! J’ai essayé de faire le plus court possible mais c’est tellement riche en ignominies que c’est dur de laisser des choses de coté…

  1. Je trouve qu’il y a beaucoup de réactions épidermiques dans votre article (en témoigne la typographie assez “émotionnelle”).

    Le document d’Amnesty semble pourtant refléter la plupart des positions des syndicats de travailleurs du sexe (qui disent essentiellement : “occupez-vous de criminaliser et poursuivre les comportements effectivement criminels, sans faire d’exception pour le sexe”). Cela n’a rien à voir avec la position des 343 salauds (qui effectivement défendait odieusement un “droit du micheton à profiter de sa pute”).

    En faisant l’hypothèse qu’on puisse éradiquer les risques d’exploitation et ramener l’activité à un échange marchand entre acteurs consentants (à qui l’on donnerait légalement les moyens d’exercer pleinement leur consentement), en quoi le fait qu’elle implique le sexe justifierait un traitement d’exception ?

    Si le lien entre le sexe et l’exploitation s’avère effectivement inextricable, l’abolition sera la seule solution. Mais tant que dans la quasi totalité des cultures la prostitution reste criminalisée ou marginalisée, le fait de constater un lien étroit entre prostitution et criminalité ne prouve rien : une activité que l’on cantonne dans les bas-fonds se criminalise naturellement (un effet auto-réalisateur que j’avais déjà souligné à propos du porno).

    Sur la page officielle d’amnesty ( http://www.amnesty.org/en/sex-workers-policy), il est fait mention d’un certain nombre d’associations qui ne semblent manquer ni de sérieux ni de capacité de réflexion et qui soutiennent l’idée de décriminalisation. Que le document d’Amnesty soit un premier jet qui mérite d’être amendé voire totalement réécrit, c’est une évidence : sinon, il n’aurait pas été fuité, mais publié.

    Quoi qu’il arrive, il faut entretenir la pression autour des situations d’exploitation, de trafic, de violences, de criminalité, et ne rien laisser passer. Car si la légalisation s’accompagne de laxisme, comme par exemple ce qui se passe en Allemagne, et qui se passe dans toute l’Europe dans le travail agricole saisonnier, on aura tout perdu. Si la tolérance zéro a pour conséquence que plus personne ne pourra se payer de cueilleurs de prunes ou de services sexuels, je m’en contrefiche — je n’ai aucune tendresse particulière pour les employeurs ou les clients, et personne n’a un quelconque “droit aux services sexuels”, pas plus que quelqu’un n’a de “droit à une bonne” ou de “droit à un tireur de pousse-pousse”. Mais je ne dirai probablement jamais que le sexe est une activité à part qui nie toute possibilité d’un consentement légitime dans un contexte marchand : ça m’évoque trop les positions sexe-négatives de l’extrême droite puritaine américaine.

    • Audren,

      Merci de votre commentaire, j’apprécie que vous ayez pris le temps de lire. Mais il semble que vous aviez déjà une idée préconçue et que vous l’appliquez sans avoir lu le texte en détail. Ceci dit, je ne peux pas vous en vouloir, c’est très long. Vous mélangez des positions complètement théoriques- inapplicables dans le réel, et vous posez en défenseur du “sexe” et de la liberté d’y accéder. De même, vous parlez d’organisations sérieuses qui veulent décriminaliser le travail sexuel. Ces organisations veulent décriminaliser les personnes prostituées -et non pas forcément l’acte d’achat.

      Je vous prends quelques exemples:

      “En faisant l’hypothèse qu’on puisse éradiquer les risques d’exploitation et ramener l’activité à un échange marchand entre acteurs consentants (à qui l’on donnerait légalement les moyens d’exercer pleinement leur consentement), en quoi le fait qu’elle implique le sexe justifierait un traitement d’exception ?”

      Impossible, à part théoriquement. Qu’entendez vous par “moyens légaux d’exercer pleinement leur consentement”? Cette phrase ne veut rien dire; on n’a besoin de moyens légaux pour exercer son consentement. A la limite, les outils pour exercer pleinement le consentement DOUBLÉ des moyens légaux de vérifier que ce consentement est exercé. Alors non seulement ça coûte trop cher, c’est impossible à vérifier, et la loi ne constitue pas l’outil ultime pour tous les cas de manipulation et coercition physique et émotionnelle (entre autres)

      “Si le lien entre le sexe et l’exploitation s’avère effectivement inextricable, l’abolition sera la seule solution. Mais tant que dans la quasi totalité des cultures la prostitution reste criminalisée ou marginalisée, le fait de constater un lien étroit entre prostitution et criminalité ne prouve rien : une activité que l’on cantonne dans les bas-fonds se criminalise naturellement”

      Primo, j’ai démontré avec force détails pourquoi le sexe commercial (y compris le porno) est indissociable du trafic et de la criminalité. Entre autres, et tout simplement parce que les très grosses entreprises criminelles ont des intérêts politiques et des lobby légaux pour les représenter (Question bonus: dans quels paradis fiscaux est blanchi l’argent du crime organisé? Indice: ce n’est pas sous les palmiers). Enfin, ces établissements ne sont pas ceux où des abus sont pratiqués mais les “normaux”, les légaux, les approuvés par l’état. J’aurais pu traiter la Nouvelle Zélande et la Hollande mais voilà, trop de texte tue le texte. Secundo, je ne parle pas de “l’abolition” mais de la prohibition de l’achat. Nuance très importante; car à aucun moment prohiber l’achat ne place les femmes prostituées dans l’illégalité ou l’impossibilité d’accéder à des soins.

      Une activité ne se “criminalise pas naturellement”; encore une fois il ne s’agit pas de bas-fonds et d’illégalité mais de bordels managés de façon tout ce qu’il y’a de plus LEGAL.

      “Que le document d’Amnesty soit un premier jet qui mérite d’être amendé voire totalement réécrit, c’est une évidence : sinon, il n’aurait pas été fuité, mais publié.” Aucune relation de cause à effet. Il a bien été publié pour vote entre les bureaux mondiaux d’AI ET il a fuité parce qu’une personne a décidé de le dénoncer… non pas parce qu’il a besoin d’une réécriture. Je crois que vous avez aussi sauté la partie ou j’adresse le QUI a écrit ce “premier jet” et dans quels intérêts. Ce n’est pas un “premier jet” mais une entreprise de lobbying.(Voir conclusion)

      La prostitution ne sera jamais détachée de la violence et la contrainte. Lutter contre la prostitution passe par lutter contre la demande. C’est complètement surréaliste de penser qu’il faut lutter contre la “criminalité” sans attaquer la demande -surtout quand les chiffres sont là pour prouver qu’attaquer la demande est efficace contre le trafic…. et comme le dit l’article du Guardian que j’ai lu aujourd’hui, la très grande majorité des clients se foutent que les femmes soient trafiquées. Ils se contre-foutent que les filles soient mineures. http://www.theguardian.com/society/2010/jan/15/why-men-use-prostitutes

      Les associations de travailleurs du sexe qui soutiennent la décriminalisation le font pour deux raisons: 1. beaucoup ne représentent qu’elles mêmes et non la majorité des femmes prostituées ni victimes du trafic (avez vous lu la conclusion) 2. certaines associations de travailleurs du sexe acceptent des hommes acheteurs et des prostituteurs dans leurs rangs… Ca vous parait peut être normal un syndicat de travailleurs du sexe, aka femmes prostituées représentées par un proxénète? Il faut se mettre dans le crâne une fois pour toutes que les groupes de travailleurs du sexe sont un lobby comme un autre et non une licorne représentant la totalité, voire même la majorité des femmes prostituées.

      Enfin, je trouve deux de vos arguments misogynes et déplacés:

      L’argument moraliste-utilisé par les 343 salauds- Être contre la prostitution n’est pas être anti-sexe;

      La prostitution ce n’est pas du sexe… pas pour la femme prostituée. Spoiler: Les femmes NE se prostituent PAS parce qu’elles aiment le sexe.C’est une transaction faite dans des conditions plus ou moins difficiles (euphémisme) pour l’une des parties. De même, sous-entendre qu’être contre l’exploitation c’est être en mode “droite puricaine sexe-negative” vaut son pesant en cacahouètes… être contre la prostitution et l’exploitation du corps des femmes et des filles, et contre le sexe sont deux choses différentes.

      Pour la “typographie” émotionnelle (??).. c’est la typo de WordPress. Que le sujet me tienne à coeur ne porte pas préjudice à mon argumentation -et tenter de discréditer mes arguments en me disant “émotionnelle” est une vieille technique éprouvée anti-féministe. De plus, la criminologie et l’analyse criminelle (et non les choses ne se criminalisent pas naturellement comme vous semblez le penser, celà dépend d’un nombre important de facteurs transnationaux que je ne vais pas expliquer ici) c’est mon job, et je le fais bien.

      Je vous invite à relire (lire?) avec l’esprit ouvert (si le temps vous le permet) et on peut en rediscuter, en ce basant sur les chiffres.

      • 1 – il faudra qu’on m’explique comment on peut décriminaliser une activité en criminalisant ses clients.

        2 – j’ai entendu et lu assez de travailleurs et travailleuses du sexe s’exprimer sur les blogs et les podcasts de Dan Savage, Tristan Taormino et autres féministes sexe-positifs pour savoir qu’elles en ont vraiment vraiment marre de la généralisation prostitution = trafic et que “personne ne peut faire le choix de cette activité en âme et conscience”, laquelle est systématiquement employée par les bien-pensants pour les empêcher d’exercer et rendre leur métier plus périlleux. Par exemple, le FBI vient de fermer un site à San Francisco qui servait non seulement aux clients pour contacter les prostituées mais aussi aux prostituées pour se tenir les coudes et blacklister les harceleurs :

        the takedown of MyRedBook stripped sex workers of a valuable asset: forums on the website that vetted clients, blacklisted predators and offered advice and support for those who needed it.

        2b – le modèle des maisons closes (souvent retenu dans les pays qui sont cités comme ayant légalisé la prostitution) est généralement odieux et n’est généralement pas celui que réclament les travailleurs du sexe. De même que les couturières préfèrent travailler en freelance que dans un sous-sol au bangladesh ou même dans le quartier du sentier.

        3 – si le fait de simplement appliquer le droit du travail rend la prostitution inabordable pour le client et la transforme en une micro-niche ou finit par la faire disparaître, on s’en fiche. Des tonnes de métiers ont disparu en France, non pas parce qu’ils ont été interdits mais parce que l’application du droit et du droit social les a rendus non économiquement viables et/ou qu’il n’y avait plus assez de pression économique pour inciter les gens à les exercer.

        4 – l’immense majorité des violences contre les femmes se font dans le cadre du mariage, lequel a très longtemps été (et est encore dans de bien nombreux endroits) une forme de prostitution institutionnalisée, un droit du mari sur le corps de sa femme. Quelques chiffres bien appuyés pourraient montrer à quel point les violences conjugales sont corrélées au mariage. Pourtant personne ne fait le raccourci qu’il faut abolir le mariage. Tout le monde est d’accord qu’il faut zéro tolérance sur les violences conjugales, interdire les mariages forcés, renforcer les protections aux victimes, faciliter l’accès au divorce : c’est à dire qu’on met en place des mesures légales pour éradiquer les violences sans éradiquer le mariage.

        5 – je ne tiens pas cette position pour défendre un quelconque droit d’accès à la prostitution mais parce que le sexe ne doit par principe pas faire l’objet d’un traitement d’exception. C’est peut-être là le noeud de notre désaccord. Éventuellement une différence de degré entre l’usage de ses bras et l’usage de son sexe, mais pas une différence de nature. Et donc la prostitution n’a pas à être traitée séparément de dizaines d’autres activités pénibles, traumatisantes, mauvaises pour la santé, gangrenées par les trafics, etc.

  2. 1. J’aime bien votre blog et votre action pour promouvoir le couple libre. Je lis toujours en détail vos articles et commentaires avant de le faire moi même. Celà me frustre que vous n’en fassiez pas autant.

    Je l’ai expliqué. Le modèle nordique décriminalise la femme prostituée et propose un cadre légal qui contribue à réduire les violences envers les femmes, leur permet de les aider (avec un vrai budget!) à sortir de la prostitution si elles le souhaitent et le peuvent, et leur permet une protection devant la loi qu’aucun modèle “classique” ne peut leur offrir. Quelle plainte pour violet/ou vol, coups et blessures a le plus de chances d’aboutir, celle où le client est criminalisé ou celle où il a la loi de son coté? Alors oui, celà réduit le nombre de clients, mais ça n’augmente PAS les violences sérieuses contre les femmes; comme en témoigne notamment la réduction des viols et des agressions physiques de près de moitié, et 38% respectivement.

    2a. Ah, intéressant. J’aime aussi écouter les travailleurs du sexe au sommet du capitalisme donner leurs opinons (non, ce n’est pas que du persiflage, je trouve ça vraiment intéressant). Qu’une pornographe à succès vienne nous parler au nom d’une majorité n’en fait pas quelqu’un de représentatif. “J’ai entendu assez” n’est pas un chiffre. On doit certes écouter la minorité de travailleurs du sexe pour qui ça se passe bien -on est en démocratie-, mais pas prendre leur position et l’appliquer à une majorité quand il s’agit de passer une loi.

    Questions: Ces travailleurs du sexe (par exemple, 200 membres du STRASS en France) s’expriment ils aussi pour le droit des autres 20 000 prostitué(e)s, pour inclure 8000 mineurs?

    Vous êtes vous intéressé également aux “travailleurs du sexe” survivantes, comme par exemple sur http://www.sisyphe.org; ou alors, n’ont elles aucun intérêt à être écoutés sur la réalité du “travail du sexe” vu qu’elles ont réussi à s’en extraire?

    Fermeture d’UN site? Anecdotique au milieu des centaines de sites de clients… A quand FBI et Europol coordonnant leur actions pour fermer les sites des prostituteurs se recommandant leurs bons plans?

    2b. Je ne sais pas si vous avez vu le sketch des chasseurs des Inconnus. Alors pour vous reprendre, je dirais: “alors, il y’a le mauvais proxénète, et le bon proxénète”. Je suis toute ouïe, qu’entendez vous par ces bonnes maisons closes, en dehors du modèle retenu par les médias? Avez vous un autre modèle de maisons close?

    De “c’est comme les couturières freelance”: Sinon, vous prétendez donc que toutes, la plupart, ou même une minorité de femmes prostituées pourraient travailler en freelance, sans drogue et alcool, sans mac, en toute liberté de choix?
    La majorité des gens, pardon, l’immense majorité des gens (les clients donc) connaissent les drames au Bangladesh et ses ouvriers brûlés vifs et écrasés dans l’effondrement de leurs bâtiments, et continuent à acheter H&M et Zara. Autre chose?

    4. Le “droit du travail” tel qu’on le connait n’est déjà pas appliqué dans les entreprises, comment comptez vous l’appliquer aux bordels? (Je suis vraiment impatiente d’entendre cette théorie sur “le bon proxénétisme^^”)
    Le droit du travail n’est PAS applicable: je sens comme une résistance au reality check, mais le bordel joyeux, ça n’existe pas.

    5. Raccourci sur deux choses incomparables: les violences conjugales sont une violence anormale (quoique constante et répandue) dans une relation sensée être normale. La prostitution (enfin, être “sexe positif” comme vous l’appelez) est un rapport de pouvoir, un rapport marchand, profondément inégalitaire, dont l’âge d’entrée se situe à 13 ans et qui s’accompagne de conditions de vie sordides. Une situation intrinsèquement anormale pour la majorité de ceux qui la pratiquent. (je ne vais pas vous faire de copier coller des chiffres, je compte sur vous pour cliquer sur le lien!)

    Dans ce sens, il ne peut être comparé au contrat de mariage -sauf au mariage du début du siècle et son devoir conjugal, qui a été, ô surprise, aboli.

    6. J’ai déjà répondu. prostitution ≠ sexe, sauf pour le client. La prostitution, c’est bien au delà, en termes physiques et émotionnels que “louer son sexe”.

    La prostitution n’est pas traitée “séparément” des autres activités “pénibles, traumatisantes, mauvaises pour la santé, gangrenées par les trafics, etc.”

    Pénible?
    Traumatisantes, autant que la guerre et le viol?
    Mauvaise pour la santé (…), vous voulez dire, au point d’entrainer la mort?
    Gangrénée, vous voulez dire, contrôlée par les trafics (jusqu’à 90% de prostitution involontaire en Hollande…) et gangrénées par le crime ordinaire (proxénétisme)
    D’ailleurs, quelle autre activité comporte le risque intrinsèque d’un taux de mortalité 77 fois supérieur, un risque inévitable d’attaque physique et/ou sexuelle, un taux d’addiction drogue/alcool à 83%. C’est normal que le gouvernement s’en occupe.

    Merci dans tous les cas de votre commentaire, j’apprécie réellement votre temps.

  3. Je viens de terminer la lecture de “The Help”, traduit en français par “La Couleur des Sentiments”, au sujet des rapports entre les blancs et les noirs dans les années 60 dans le sud des Etats Unis. (“Je suis une bonne pour les blancs. Ma mère était une bonne pour les blancs. Ma grand mère était une esclave”)

    L’auteure termine par son expérience personnelle et de la bonne qui l’a élevée.

    Une lecture enrichissante et un très beau livre. Ca me permet de compléter ma réponse:

    “Certains esclavagistes et employeurs traitaient très très bien leurs esclaves. La plupart ne les tuaient pas. Devait on forcément abolir l’esclavage?”

  4. paul says:

    bonjour Mesdames
    bon
    moi
    j’ai une idée préconçue à l’égard de l’exploitation d’autrui : donc, du rapport au travail, à la production, et donc du rapport économique et social en général.
    toute exploitation d’un plus faible que soi est criminel.
    donc
    le principe pousse à se demander dans chaque cas qui est plus faible que qui.
    dans un système capitaliste, ce rapport de faiblesse est toujours dans le sens défavorable au travailleur qui est toujours plus faible que le client, puisque il est dans le besoin du capital du client, de son “fric”, sans quoi, il n’a même pas de quoi avoir de toit, de nourriture, pour survivre et exercer son “capital de savoir faire”.

    donc…

    ben… suivez mon idée préconçue, dans un système capitaliste,… qui sont les criminels ?
    ça coule de source.

    bon ça, c’est le raisonnement à la louche façon communiste…

    ensuite, ben on peut aborder la question du rapport de faiblesse, en terme de rapport de classe de genre…
    idem
    dans une culture phallocrate…
    etc…

    alors ensuite on peut aborder la question en terme éthique, psychologique etc…
    comment se construit-on ?
    ça dépend de l’environnement… qui tend à construire les gens sous le principe de domination… à toujours chercher à dominer l’autre…

    y’a un territoire que depuis l’enfance j’espérais être hors de la domination : l’affection, la tendresse, la sensualité.

    ben non. même pas.

    pour moi, selon mon idée préconçue, on ne doit pas mettre l’affection, l’intimité, la tendresse, la sensualité dans un rapport de domination.
    donc, on n’a pas ou on a rien, à attendre d’un rapport de ce domaine dans un cadre économique.

    ah… oui je sais, les zhobmmes, ne sont pas comme ça, les vrais… si si, on m’a déjà fait cette réponse dans ma vie.
    ah oui, et puis le sexe, c’est autre chose… on m’a déjà expliqué ça… et je ne comprends toujours pas…

  5. Bonjour et merci,
    La prostitution n’est en effet pas un rapport de tendresse -mais un rapport d’argent, où ce que l’homme prend est bien supérieur à ce qu’il paie.
    Ce qui est particulièrement scandaleux c’est quand les lobbystes commencent à infiltrer les organisations humanitaires pour faire leur sale boulot.

  6. Hypatia says:

    Complètement OK avec ce texte. Rien à rajouter. La raison pour laquelles les femmes sont VOLONTAIREMENT maintenues en état de faiblesse économique PARTOUT sur la planète, à des degrés divers bien sûr, c’est celle-là : permettre aux hommes de pouvoir avoir du sexe (plus de 90 % des clients sont des hommes, aussi bien d’hommes que de femmes prostituées) en toute impunité. Avec la légende urbaine suivante : ils auraient des besoins “irrépressibles” ! Depuis des millénaires (bien que les plus vieux métiers du monde soient sans aucun doute sage-femme, potière et talleur/euse de pierre) les clients des prostitué-es sont l’angle mort de la prostitution. Ni vu ci connu, je t’embrouille. Il faut que cela cesse par la responsabilisation du client. S’il veut du sexe, il séduit, avec un peu de chance, il en aura ! Amnesty International est une ONG patriarcale dominée par un staff masculin et des “valeurs” patriarcales. D’où leurs différents actes manqués, comme aller chercher un “conseil” parmi les proxénètes. Et ils sont comme tout le monde dans une société qui fait marchandise de tout. Alors, vigilance.

    • Merci!
      Oui absolument, le droit de la personne à décider de sa vie nous est servi à toutes les sauces, ainsi que le sexe pro-positif, ou encore l’intimité des relations… mais personnes ne veut voir les intérêts derrière de telles décisions et de telles opinions!

  7. Vitany says:

    Féministe depuis l’enfance, j’ai toujours eu du mal à trancher la question d’abolir ou pas la prostitution, principalement à cause du fameux argument “laisser les femmes faire ce qu’elles veulent de leur corps (donc le vendre si ça leur chante)”…

    Mais votre article, ainsi que ceux sur les sites sysiphe et slate, m’ont aidés définitivement à trancher cette question qui me turlupinait depuis des années !

    Donc oui à l’abolition du viol commercialisé ! ^_^

    Merci en tous cas de m’avoir aidé à trouver des arguments pour contrer ceux que j’ai entendu et qui me mettaient le doute, je partage votre article sur Facebook en espérant qu’il parlera et éclairera d’autres lanternes !
    Et j’ai bien enregistré tous les arguments et chiffres (pas tous par coeur, je ne suis pas une machine ! lol) afin de pouvoir désormais les opposés à tous ceux qui me parlerai du pourquoi il ne faut pas abolir la prostitution !

    • Merci de votre commentaire. C’est une question importante sur laquelle de plus en plus ouvrent les yeux; dont notre assemblée nationale qui a statué dans les sens des droits des femmes depuis l’écriture de cet article 🙂

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